Si vous vous intéressez un tant soit peu à la technique de course, vous avez forcément entendu parler de ce chiffre magique, ce Graal de la foulée efficace : 180 pas par minute (PPM). De nombreux articles et coachs nous le présentent comme l’objectif ultime. Pourtant, en tant que coach de trail, je vois chaque jour des coureurs se crisper et se frustrer en tentant d’atteindre ce dogme. Alors, mettons les pieds dans le plat : pour 99% d’entre nous, et surtout en trail, chercher à atteindre à tout prix 180 PPM est une erreur. Ce guide va vous expliquer pourquoi ce mythe est une fausse bonne idée, et surtout, comment trouver et améliorer VOTRE propre cadence idéale.
Comprendre la cadence : de quoi parle-t-on vraiment ?
La cadence, c’est simplement le nombre de fois que vos pieds touchent le sol par minute. Une cadence plus élevée, pour une même vitesse, implique mathématiquement des pas plus courts. C’est là que réside le bénéfice principal : en faisant des pas plus courts, vous posez le pied plus près de votre centre de gravité, ce qui réduit les forces de freinage et les impacts sur vos articulations. C’est un concept biomécanique très juste, mais le chiffre de 180 PPM vient d’observations faites sur des athlètes d’élite courant sur piste. En trail, la donne est complètement différente. Le dénivelé et la technicité du terrain nous obligent à adapter constamment notre foulée. La cadence en trail n’est pas un métronome, c’est un orchestre.

Comment trouver et améliorer VOTRE cadence idéale ? (La méthode en 3 étapes)
L’objectif n’est pas d’atteindre un chiffre magique, mais d’éviter une cadence trop basse (souvent en dessous de 160-165 PPM sur le plat), qui est le signe d’une foulée peu efficace et traumatisante. Voici une méthode simple pour devenir acteur de votre foulée.
Étape 1 : Mesurez votre cadence actuelle (sans tricher !)
Avant de vouloir changer, il faut savoir d’où l’on part. La méthode est très simple :
- Lors d’un footing d’endurance sur un terrain plat et facile (un chemin de parc, une piste cyclable…), après 15-20 minutes d’échauffement, courez à votre allure naturelle.
- Lancez un chronomètre et comptez, pendant 30 secondes, le nombre de fois où votre pied DROIT touche le sol.
- Multipliez ce chiffre par 4 pour obtenir votre cadence en pas par minute. (Ex: 41 appuis du pied droit x 4 = 164 PPM).
Faites cette mesure plusieurs fois pour obtenir une moyenne fiable. C’est votre point de départ.
Étape 2 : Le Top 3 des exercices pour l’augmenter
L’objectif est d’augmenter votre cadence de base de 5% (si vous êtes à 160, visez 168). Voici 3 exercices très efficaces :
- Le métronome : C’est l’outil le plus direct pour rééduquer votre cerveau. Réglez une application de métronome sur votre cadence cible (ex: 168 BPM). Pendant un footing, intégrez des blocs de 1 minute où vous synchronisez vos pas sur les bips, suivis de 4 minutes de course normale en essayant de garder le rythme.
- Les foulées courtes : Sur une ligne droite de 50 mètres, courez en faisant des pas volontairement très courts et très rapides, comme si vous « piétiniez » le sol. L’idée est de maximiser la fréquence de pas, pas la vitesse. Faites 4 à 5 répétitions.
- La corde à sauter : C’est l’exercice roi pour améliorer la réactivité de vos pieds et votre coordination. 5 à 10 minutes de corde à sauter, 2 fois par semaine, auront un impact spectaculaire sur votre capacité à augmenter naturellement votre cadence.
Étape 3 : L’intégration en trail
Une fois votre cadence de base sur le plat améliorée, il faut apprendre à l’adapter.
- En montée : Votre vitesse chute, votre cadence va naturellement baisser un peu. Mais l’idée reste la même : privilégiez des petits pas fréquents plutôt que de grandes enjambées.
- En descente technique : Votre cadence va instinctivement augmenter bien au-delà de 180 ! Faire de très petits pas très rapides est la clé de la sécurité pour ajuster ses appuis.
- Le chef d’orchestre : N’oubliez pas que le rythme de vos jambes est dicté par celui de vos bras. Pour augmenter votre cadence, accélérez simplement le balancier de vos bras, comme expliqué dans notre guide sur comment bien utiliser ses bras en trail.

Le matériel qui peut vous aider
Pour suivre vos progrès, la technologie est une aide précieuse. La plupart des montres GPS modernes mesurent votre cadence en temps réel et vous donnent une moyenne à la fin de chaque sortie. C’est un excellent outil pour objectiver vos sensations. Si vous cherchez un modèle adapté, notre guide sur l’autonomie des montres GPS en ultra-trail aborde aussi les fonctionnalités utiles pour l’entraînement.
Conclusion : votre cadence est la bonne
La cadence en trail parfaite n’est pas un chiffre magique, c’est celle qui est la plus efficace et la moins traumatisante pour VOTRE corps, à VOTRE vitesse, sur un terrain DONNÉ. Libérez-vous de la dictature du 180 PPM. Utilisez-le comme une inspiration pour éviter une foulée trop lente et rebondissante, mais ne le considérez jamais comme une obligation. En travaillant à augmenter légèrement votre cadence naturelle, vous gagnerez en efficacité, vous réduirez les impacts et vous deviendrez un coureur plus résistant et plus durable.
Foire aux questions (FAQ)
Augmenter ma cadence va-t-il me faire courir plus vite ?
Pas directement au début. Dans un premier temps, pour une même vitesse, vous ferez des pas plus courts mais plus fréquents. Le premier bénéfice est une réduction des impacts et une meilleure efficacité. À terme, une fois ce nouveau schéma moteur intégré, cette efficacité améliorée vous permettra de courir plus vite pour un même effort.
Je marche beaucoup en montée, la cadence a-t-elle une importance ?
Oui ! Même en marchant, la cadence est importante. Une marche avec des pas plus courts et plus fréquents (une cadence plus élevée) est souvent plus efficace et moins coûteuse en énergie qu’une marche avec de grandes enjambées lentes qui « cassent » le rythme.
Combien de temps faut-il pour changer durablement sa cadence ?
Changer un schéma moteur aussi ancré que la foulée prend du temps. Il faut être patient. Comptez au moins 2 à 3 mois de pratique régulière et consciente (avec des exercices ciblés) pour que votre nouvelle cadence commence à devenir naturelle et automatique.
Est-ce grave d’avoir une cadence basse en course à pied ?
Ce n’est pas « grave », mais une cadence très basse (ex: en dessous de 160 PPM sur le plat) est souvent le symptôme d’une foulée « en cycle arrière », où le pied attaque loin devant le corps. Cette foulée est plus traumatisante pour les genoux et les hanches et moins efficace d’un point de vue énergétique.








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